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Chemins de traverse

19 Février 2017, 01:38am

Chemins de traverse

Seule je voyage sur les chemins de traverse

J’ai couru longtemps

Encore et encore

Le ventre vide

Les yeux noyés de visions terrifiantes

Les pieds en sang

Je ne savais même plus que je courrais encore

Epuisée

Puisée par le passé qui comme une hyène

Cherchait à mordre mes talons

Plus l’urgence d’avancer était là

Plus elle me rattrapait et me tannait

 

Tout ce que j’ai laissé derrière moi

Devient une ombre fragile et mouvante

Emouvante

L’horizon s’éloigne sans cesse davantage

Toujours plus vite

Dans un mouvement perpétuel

Ligne imaginaire, molle et incertaine

Alors que rien ne bouge

Alors que tout explose

Et que la gorge hurle en silence

 

Le corps veut se fracasser

Cassé

Lassé

Contre les arbres rugueux

Les ongles veulent arracher la peau

Qui vibre et ressent trop fort

Les mains veulent poignarder la chair

Qui n’a plus de chemin et meurt dans les ténèbres

 

J’étais partie pour la liberté

Me voilà prisonnière

Aboyant et rampant

Dans le chaos des jours interminables

Minables

C’est une course contre le temps

Le temps de reprendre haleine

Sans savoir qui de la vie ou de la mort gagnera.

 

Toi qui dors dans tes certitudes

Tu marches avec la meute

Tu ne sais pas que chaque instant est une poignée de sable

Qui retourne irrémédiablement à son rivage

Sables mouvants où le pied chavire

Vire et s’enfonce

Dans la plus profonde des solitudes

 

Tu marches docile et faussement rebelle ,

Policé, lissé, normalisé

Pesant de tout ton poids sur des béquilles

Et quand tu croises une âme insoumise

Tu ricanes et prends un air émancipé

 

Moi je marche sur les chemins de traverse

Hurler ne me fait pas peur

Les coups de crocs j’en ai reçu

De ceux qui ne laissent aucune trace

Sauf en plein milieu du cœur

Alors même dormir sur la terre froide

Est plus doux à ma peau

Que les fausses caresses qui éteignent le soleil

 

Seigneur des forêts

Couvre-moi de ton manteau

J’ai demandé à voyager loin

Et je sème un à un mes bagages

Quand je serais nue et dépouillée

Assez légère pour danser avec le vent

Ce sera l’heure d’un autre voyage.

 

 

Louve

 

 

 

 

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